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CFE 2026 : cinq affirmations qui circulent, et ce que disent les textes

Base de 237 euros, 1 % de frais, première année « pas automatique » : cinq affirmations publiées sur la CFE 2026, confrontées au code général des impôts.

Florent de Veritaxe · 14 octobre 2026

Les avis de CFE 2026 arrivent dans les espaces professionnels le 2 novembre (date prévisionnelle). Sur les recherches « CFE auto-entrepreneur » ou « CFE LMNP », la première page des résultats est tenue par des cabinets et des services en ligne, qui se contredisent souvent. Nous avons relevé le 12 octobre 2026 cinq affirmations publiées dans des pages bien classées, et nous les avons confrontées aux textes en vigueur, relus sur Légifrance le 14 octobre. Aucune n'est exacte.

Nous décrivons les affirmations, pas leurs auteurs : une phrase inexacte se corrige mieux qu'elle ne se dénonce.

La réponse courte

La base minimum de CFE va de 250 à 7 769 euros selon le chiffre d'affaires et la commune. Les frais de gestion sont de 3 %, pas de 1 %. Les plafonds de 589 et 1 179 euros sont ceux de 2025, pas de 2026. L'année de création est exonérée par la loi elle-même. Et un loueur en meublé ne paie rien de cotisation minimum sous 5 000 euros de recettes.

1. « La base minimum 2026 commence à 237 euros »

Ce que disent les textes. Le barème de l'article 1647 D du code général des impôts, dans sa version en vigueur depuis le 1er juillet 2026, fixe la base minimum de chaque tranche de chiffre d'affaires « entre 250 » euros et un plafond. Le plancher est de 250 euros pour toutes les tranches. Aucun montant de 237 euros n'y figure.

Ce qu'il faut retenir. C'est votre commune, ou votre intercommunalité, qui fixe votre base dans cette fourchette. Les bases de chaque commune sont dans l'outil de cotisation minimum.

2. « La dernière tranche atteint 7 933 euros »

Ce que disent les textes. Le même barème plafonne la base minimum à 7 769 euros pour un chiffre d'affaires supérieur à 500 000 euros. Les cinq autres plafonds 2026 sont 597, 1 194, 2 509, 4 183 et 5 974 euros. Ils sont revalorisés chaque année comme le taux prévisionnel d'inflation hors tabac associé au projet de loi de finances.

Ce qu'il faut retenir. Un plafond n'est pas un montant dû : c'est la base maximale qu'une commune peut retenir. La cotisation, elle, est cette base multipliée par le taux voté : en 2026, entre 20 et 33 % dans 8 communes sur 10, d'après les taux votés publiés par la DGCL.

3. « S'ajoute 1 % de frais de gestion »

Ce que disent les textes. L'article 1641 du code général des impôts prévoit 2 % au titre des frais de dégrèvement et de non-valeurs sur la cotisation foncière des entreprises, et 1 % au titre des frais d'assiette et de recouvrement : 3 % au total. Les taxes additionnelles, comme la taxe pour frais de chambres de commerce, supportent 3,6 % et 5,4 %, soit 9 %. Un avis réel de 2025 que nous avons vérifié le confirme à l'euro près : 14 euros de frais sur 440 euros de cotisation et de taxe spéciale d'équipement.

Ce qu'il faut retenir. L'écart est faible sur un petit avis, mais un calcul qui oublie deux points de frais ne retombe jamais sur le total de l'avis, et fait croire à une erreur qui n'existe pas.

4. « Pour un LMNP, la CFE va de 247 à 589 euros »

Ce que disent les textes. 589 euros était le plafond de la première tranche en 2025. En 2026, la fourchette légale de cette tranche est de 250 à 597 euros (article 1647 D). Et ces montants sont des bases, pas des cotisations : le loueur paie la base multipliée par le taux de la commune.

Ce qu'il faut retenir. Pour 10 000 euros de recettes ou moins, la cotisation minimum estimée en 2026 se situe, dans 8 communes sur 10, bien en dessous de 589 euros. Et sous 5 000 euros de recettes, elle n'est pas due. Le détail est dans la CFE des loueurs en meublé.

5. « L'exonération de la première année n'est pas automatique »

Ce que disent les textes. L'article 1478 du code général des impôts dispose qu'« en cas de création d'un établissement », la cotisation foncière des entreprises « n'est pas due pour l'année de la création ». Le texte ne pose aucune condition. L'article 1477 impose par ailleurs une déclaration provisoire avant le 1er janvier de l'année suivant la création : elle est obligatoire, mais elle sert à établir les impositions suivantes, pas à obtenir l'exonération.

Ce qu'il faut retenir. Déposez la déclaration dans les temps, mais une CFE réclamée pour l'année même de la création se conteste sur le fondement de l'article 1478. Le détail est dans la CFE de la première année.

Ce que nous n'avons pas vérifié

Les montants cités par ces pages pour une ville donnée reposent sur des bases et des taux qu'elles ne sourcent pas : nous ne les avons pas repris. Les nôtres viennent des bases minimum 2025 du REI, revalorisées d'environ 1,3 %, et des taux votés pour 2026 publiés par la DGCL ; ce sont des ordres de grandeur, l'avis ajoutant les taxes additionnelles.

Pour aller plus loin

Sources : code général des impôts, articles 1477, 1478, 1641 et 1647 D ; DGFiP, REI 2025 ; DGCL, taux votés 2026. Textes relus sur Légifrance le 14 octobre 2026. Veritaxe ne fournit aucun conseil juridique, fiscal ou patrimonial personnalisé.

Questions fréquentes

Quelle est la base minimum de CFE en 2026 ?

Elle est fixée par chaque commune ou intercommunalité, à l'intérieur d'un barème qui dépend du chiffre d'affaires de la période de référence : entre 250 et 597 euros pour 10 000 euros ou moins, jusqu'à 250 à 7 769 euros au-delà de 500 000 euros (article 1647 D du code général des impôts).

Quels sont les frais de gestion sur la CFE ?

3 % de la cotisation : 2 % au titre des frais de dégrèvement et de non-valeurs, et 1 % au titre des frais d'assiette et de recouvrement (article 1641 du code général des impôts). La taxe pour frais de chambres de commerce et la taxe spéciale d'équipement supportent 9 %.

L'exonération de CFE de la première année est-elle automatique ?

L'article 1478 du code général des impôts exclut la CFE pour l'année de création de l'établissement sans la subordonner à aucune démarche. La déclaration provisoire de l'article 1477, à déposer avant le 1er janvier de l'année suivante, reste obligatoire, mais elle sert à établir les impositions des années suivantes.

Combien paie un loueur en meublé de CFE en 2026 ?

Le plus souvent la cotisation minimum de la commune du logement : pour 10 000 euros de recettes ou moins, une base comprise entre 250 et 597 euros en 2026, multipliée par le taux voté. Les montants de 589 euros qui circulent sont les plafonds de 2025. Sous 5 000 euros de recettes, la cotisation minimum n'est pas due.

Et sur votre avis à vous ?

La théorie, c'est fait. Cherchez maintenant votre commune dans l'observatoire, vérifiez vos droits à exonération, et bientôt : le recalcul complet de votre avis.