Qui a vraiment augmenté votre taxe foncière en 2026
13,6 % des communes ont augmenté leur taux en 2026. En comptant les intercommunalités, 18,5 % des communes sont touchées par une hausse votée.
L'équipe Veritaxe · 3 septembre 2026
Chaque automne, un chiffre circule dans la presse : cette année, 13,6 % des communes ont augmenté leur taux de taxe foncière. Il est exact, il vient de l'étude officielle, et il ne répond pas tout à fait à la question que se pose un propriétaire devant son avis. Parce qu'une commune n'est pas la seule à voter un taux sur votre bien.
Ce que le chiffre de 13,6 % mesure vraiment
La 13,6 % (DGCL, taux votés en 2026, 2026) qui circule mesure la part des communes dont le conseil municipal a voté un taux supérieur à celui de l'an dernier. Sur les 34 732 communes présentes dans les deux derniers relevés, 4 723 sont dans ce cas, 29 782 ont reconduit leur taux à l'identique et 227 l'ont baissé.
C'est une mesure de décision politique locale, et à ce titre elle est juste. Mais votre avis n'applique pas le seul taux communal. Il additionne le taux voté par votre commune, celui voté par votre intercommunalité, ceux des syndicats auxquels votre territoire adhère, la taxe spéciale d'équipement, la taxe GEMAPI et la taxe additionnelle. Le taux communal est la plus grosse part, pas la seule.
En comptant les intercommunalités, la photo change
Nous avons rapproché chaque commune de son intercommunalité par son numéro SIREN, puis compté les communes dont le taux a été relevé par l'une, par l'autre ou par les deux. Le résultat n'est publié nulle part ailleurs.
18,5 % (Calcul Veritaxe sur les taux votés DGCL et le référentiel des EPCI, 2026) des communes ont vu leur taux relevé par leur mairie ou par leur intercommunalité, contre 13,6 % si l'on ne regarde que les mairies. Près d'une commune sur cinq, et non une sur sept.
L'écart tient à 92 intercommunalités sur 1 243 qui ont relevé leur propre taux cette année. Elles sont peu nombreuses, mais chacune couvre des dizaines de communes : un seul vote intercommunal fait basculer tout un territoire.
Pourquoi cette confusion arrange tout le monde
Un maire peut affirmer, en toute sincérité, qu'il n'a pas augmenté les impôts locaux. Ce sera vrai de son propre taux. Et le propriétaire qui ouvre son avis constatera pourtant une progression, parce que la ligne « intercommunalité » a bougé sans que personne ne le lui dise.
Ce n'est pas une manipulation, c'est une conséquence de l'architecture fiscale. Depuis la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, les intercommunalités ont perdu une ressource et se rattrapent parfois sur le foncier bâti. Le débat public, lui, continue de se tenir à l'échelle communale, parce que c'est le maire que l'on connaît.
Le résultat est un angle mort. Nous avons détaillé ailleurs les écarts entre régions et départements, qui vont de 2,6 % à 40,6 % selon l'endroit où l'on habite : la moyenne nationale ne décrit à peu près aucun territoire.
Et la part que personne n'a votée
Il reste une troisième cause, la plus régulière et la moins discutée. Chaque année, les bases d'imposition sont majorées d'un coefficient national fixé par l'article 1518 bis du code général des impôts, indexé sur l'inflation constatée en novembre. Pour 2026, ce coefficient est de 1,008, soit + 0,8 % (Article 1518 bis du CGI, indexé sur l'IPCH publié par l'INSEE, 2026) appliqués à tous les biens de France.
Une commune peut donc reconduire son taux, son intercommunalité aussi, et la cotisation progresser quand même. C'est le cas de la grande majorité des propriétaires cette année. Nous détaillons ce mécanisme dans notre guide sur pourquoi une taxe foncière augmente.
Comment savoir, pour votre propre commune
La réponse tient en une page. Chaque commune de France a sa fiche dans l'observatoire Veritaxe, et cette fiche porte désormais un encadré qui dit ce qui a été voté pour l'année en cours : hausse, reconduction ou baisse, de combien de points, et ce que l'intercommunalité a décidé de son côté.
Si vous voulez voir les cas extrêmes, les communes qui ont le plus augmenté leur taux cette année sont réunies dans un palmarès à part. En tête, Versigny, dans l'Oise, passe de 40,31 % à 65,14 %.
Et pour comprendre ce que tout cela change réellement sur votre avis plutôt que sur une moyenne, le contexte complet de l'année rassemble la revalorisation, les votes et les dates.
Questions fréquentes
Ma commune n'a pas augmenté son taux, pourquoi ma taxe monte-t-elle ?
Trois causes possibles, souvent cumulées. Votre intercommunalité a pu voter une hausse de son propre taux, sans que la commune y soit pour quelque chose. Les bases d'imposition sont revalorisées de 0,8 % en 2026 pour tous les biens de France, sans aucun vote local. Et votre bien lui-même a pu changer de base, après des travaux déclarés ou une révision de son évaluation.
Où puis-je voir ce que ma commune a voté cette année ?
Sur sa fiche dans l'observatoire Veritaxe. Un encadré indique si le conseil municipal a augmenté, reconduit ou baissé son taux pour l'année en cours, de combien de points, et ce que son intercommunalité a décidé de son côté. La source est la publication de la DGCL, arrêtée au 31 juillet.
Le chiffre de 13,6 % est-il faux ?
Non, il est exact et il vient de l'étude officielle. Il mesure une chose précise : la part des communes dont le conseil municipal a voté une hausse de son propre taux. Il ne mesure pas la part des propriétaires dont le taux a monté, parce qu'il ne compte pas les votes des intercommunalités.
Et sur votre avis à vous ?
La théorie, c'est fait. Cherchez maintenant votre commune dans l'observatoire, vérifiez vos droits à exonération, et bientôt : le recalcul complet de votre avis.