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Retraités : ce que l'avis 2026 ne vous rappelle pas

Le dégrèvement de 100 euros des 65-75 ans est automatique, mais il manque parfois. Le plafonnement à 50 % des revenus, lui, n'arrive jamais tout seul.

L'équipe Veritaxe · 3 septembre 2026

Trois dispositifs allègent la taxe foncière des personnes âgées. Deux s'appliquent en principe sans rien demander, ce qui les rend faciles à oublier quand ils manquent. Le troisième ne s'applique jamais tout seul, et c'est précisément celui qui rapporte le plus.

Ce qui doit arriver tout seul, et qui manque parfois

L'exonération des plus de 75 ans. Si vous aviez plus de 75 ans au 1er janvier et que votre revenu fiscal de référence de l'année précédente ne dépasse pas le plafond du I de l'article 1417 du code général des impôts, l'immeuble que vous habitez est exonéré, en application de l'article 1391. Le plafond métropolitain est de 12 793 euros pour la première part, majoré de 3 416 euros par demi-part supplémentaire.

Le dégrèvement de 100 euros des 65-75 ans. Sous la même condition de revenu, les redevables de 65 à 75 ans bénéficient d'un dégrèvement d'office de 100 euros sur leur habitation principale, en application de l'article 1391 B.

Ces deux avantages sont accordés par l'administration à partir des informations dont elle dispose. Cela suppose qu'elle dispose des bonnes. Un changement de situation récent, un revenu qui repasse sous le plafond après une baisse, un foyer fiscal modifié par un veuvage : autant de cas où le calcul automatique peut se faire sur une donnée périmée.

La vérification tient en une ligne. Sur votre avis 2026, cherchez la mention du dégrèvement ou de l'exonération. Si vous remplissez les conditions et qu'aucune ne figure, ne concluez pas que vous n'y avez pas droit : réclamez.

Ce qui n'arrive jamais tout seul

Le plafonnement de l'article 1391 B ter est le dispositif le moins connu et le plus substantiel. Il prévoit que la fraction de la cotisation de votre habitation principale qui dépasse 50 % de vos revenus est dégrevée.

Deux conditions l'encadrent : vos revenus doivent rester sous le plafond du II de l'article 1417, soit 30 083 euros pour la première part en métropole, et vous ne devez pas avoir été passible de l'impôt sur la fortune immobilière l'année précédente.

Ce plafonnement s'obtient sur réclamation. L'administration ne le calcule pas d'office, parce qu'elle ne connaît pas nécessairement la totalité des revenus du foyer au moment de l'émission de l'avis. Autrement dit, un propriétaire qui y a droit et qui ne demande rien ne recevra rien, et cela recommencera l'année suivante.

C'est le cas typique du retraité modeste propriétaire d'un logement ancien dans une commune au taux élevé : la valeur locative n'a rien à voir avec les revenus, et la cotisation peut représenter une part considérable d'une petite pension.

Le cas de l'entrée en établissement

Une inquiétude fréquente et une bonne nouvelle. Une personne hébergée durablement en établissement, maison de retraite ou unité de soins de longue durée, qui conserve la jouissance de son ancien logement, garde le bénéfice des dispositifs liés à l'âge et aux revenus sur ce logement. C'est l'article 1391 B bis du code général des impôts qui l'organise.

Le point de vigilance est la notion de jouissance : le logement doit rester à votre disposition et ne pas être loué à un tiers. Un logement mis en location sort du dispositif.

La date qui commande tout

Ces droits se réclament, et ils se réclament dans un délai. Une réclamation est recevable jusqu'au 31 décembre de l'année qui suit celle de la mise en recouvrement, en application de l'article R*196-2 du livre des procédures fiscales. Un avis mis en recouvrement en 2025 peut donc encore être corrigé jusqu'au 31 décembre 2026.

Passée cette date, l'année concernée est acquise : ce que le 31 décembre emporte réellement détaille ce qui reste possible et ce qui ne l'est plus. Signaler l'oubli garde malgré tout un intérêt, puisque la correction vaudra pour les années suivantes.

Comment vérifier vos droits en quelques minutes

Le plus simple est de balayer les situations dans l'ordre des textes, âge, allocations, revenu fiscal de référence, situation du bien. Notre vérificateur d'exonérations le fait gratuitement, sans inscription, et cite l'article applicable à chaque réponse.

Pour le détail des conditions, des seuils et des cas particuliers, le guide des exonérations et dégrèvements reprend chaque dispositif avec sa base légale. Et si un droit a été oublié sur un avis déjà payé, la restitution du trop versé explique ce qui se passe une fois la réclamation admise.

Une dernière remarque, qui vaut pour tout le monde et particulièrement ici. Un allégement obtenu ne protège pas d'une hausse par ailleurs : les bases d'imposition progressent de 0,8 % en 2026 pour tous les biens de France, et votre commune a peut-être voté une hausse de son taux. Les deux mécanismes se cumulent, et c'est en les regardant ensemble qu'on comprend une facture.

Questions fréquentes

Le dégrèvement de 100 euros des 65-75 ans est-il automatique ?

Oui, il est accordé d'office par l'administration, sans démarche, aux redevables de 65 à 75 ans dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas le plafond du I de l'article 1417 du code général des impôts. Mais il arrive qu'il manque sur l'avis, et dans ce cas il faut le réclamer.

Que faire si ma taxe foncière dépasse la moitié de mes revenus ?

Demander le plafonnement de l'article 1391 B ter du code général des impôts. La fraction de la cotisation de l'habitation principale qui dépasse 50 % des revenus du foyer est dégrevée, sous condition de revenu et à condition de ne pas avoir été passible de l'IFI l'année précédente. Ce plafonnement ne s'applique jamais d'office : il se demande.

Je suis parti en maison de retraite, est-ce que je perds mes droits ?

Non, si vous conservez la jouissance de votre ancienne résidence principale. L'article 1391 B bis du code général des impôts maintient le bénéfice des exonérations et dégrèvements liés à l'âge et aux revenus pour ce logement, y compris en cas d'hébergement durable en établissement.

Et sur votre avis à vous ?

La théorie, c'est fait. Cherchez maintenant votre commune dans l'observatoire, vérifiez vos droits à exonération, et bientôt : le recalcul complet de votre avis.